Les éléments à prendre en compte pour accueillir au mieux un chaton à la maison.

Mon apprentissage avec la comportementaliste se poursuit. Voici un résumé des deux derniers rendez-vous relatifs au comportement du chaton à son arrivée.

Le premier chaton a des problèmes de cohabitation avec le chat qui occupe déjà les lieux. Le deuxième est un petit chat de 3 mois qui déborde d’énergie et peut parfois se montrer agressif envers les humains.

Chacune de ces histoires traite des problèmes fréquents qu’on peut rencontrer avec un chaton. Bien qu’elles s’articulent autour de cas précis elles pourront certainement aider quelques-uns d’entre vous, car elles exposent des éléments sur la psychologie féline en général.

Cas n.1 : La cohabitation entre un chaton récemment arrivé avec un chat plus âgé qui se trouve déjà sur les lieux.

Préalablement, il faut comprendre que contrairement au chien, le chat est un animal plutôt solitaire. L’arrivée d’un nouvel animal même s’il est de la même espèce ne sera pas perçue comme une bonne nouvelle pour lui. Il n’a pas cet instinct qui existe chez le chien (animal grégaire) d’aller à la rencontre du nouvel arrivant. Le premier réflexe du chat sera de le chasser et défendre son territoire.

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Des cohabitations sont tout de même possibles et peuvent très bien se passer. Elle sera d’autant plus simple si les chats viennent de la même fratrie ou se partagent en même temps le territoire.

Pour savoir si le partage des lieux peut se faire de manière pacifique, le premier élément à prendre en compte est la surface de la maison ou de l’appartement. Pour se sentir bien un chat a besoin de 60 m2 minimum.

Quelle est la situation ?

Notre histoire se déroule dans un appartement qui fait moins de 120 m2. Premier indicateur d’une cohabitation qui peut s’avérer difficile. Nina 3 mois vient d’arriver sur les lieux et elle a du mal à se faire une place. Un chat mâle : Gaspard, plus âgé, occupe déjà les lieux.

Quel est le problème ?cat-1234950_960_720

Les deux chats se sautent dessus, se boxent et se courent après. Gaspard chasse Nina des lieux, mais Nina ne se laisse pas faire, elle riposte et l’affronte. La propriétaire ne sait pas comment régir lors ces bagarres, elle est dépassée par la situation et ne laisse jamais les deux chats seuls dans l’appartement de peur des dérapages. La nuit les chats sont séparés et dorment dans des pièces différentes.

Comment réagir ?

Il ne faut surtout pas intervenir. La comportementaliste a préalablement visionné les images des bagarres et a pu constater qu’elles n’étaient pas graves. Les chats ne sortent pas systématiquement les griffes. Ce qui signifie qu’ils ont de bons autocontrôles ; ils savent ce qu’ils font. Les autocontrôles sont transmis par la mère dans la période d’apprentissage du chaton. Un petit chat doit rester avec sa mère jusqu’à ses trois mois pour bénéficier de ce contrôle. La petite Nina possède cette capacité, mais doit aller jusqu’au bout de sa confrontation avec Gaspard pour comprendre les limites à ne pas dépasser.

Contrairement aux chiens, il n’y a jamais de mise à mort dans les bagarres entre chats. Même si celles-ci peuvent être violentes et générer des séquelles. Pour savoir si l’affrontement entre les chats est inquiétant, il faut regarder combien de temps l’animal met à s’en remettre. Dans notre histoire, Nina retournait à la charge quelques secondes ou minutes après. Cette observation suffit parfois pour comprendre que l’animal n’est en aucun cas traumatisé, mais qu’il teste un peu son colocataire.

Les solutions et signes encourageants ?

Pas de panique, car le compte-rendu que nous fait leurs propriétaires présente des signes rassurants. Voici les premiers signes à observer pour qu’une cohabitation puisse s’arranger

– Si les chats se font du nez à nez (s’ils se touchent le nez mutuellement)

– S’ils dorment dans la même pièce et encore mieux si c’est à moins de 1m l’un de l’autre.

– Si les chats se lèchent entre eux.

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Dans les faits, les deux chats présentent les deux premiers signes, car pendant leurs siestes ils dorment dans la même pièce ou sur le même lit. Ils disposent également chacun de bons autocontrôles. La situation devrait donc s’arranger avec le temps. La famille peut commencer à songer à laisser les portes ouvertes la nuit même si les premiers temps seront possiblement difficiles.

Cas n.2 : Zuki : Le chaton turbulent.

Voici l’histoire d’un petit chaton de 3 mois tout juste arrivé dans son nouveau foyer. Ses propriétaires ont fait appel à la comportementaliste, car tout ne se passe pas comme prévu. Zuki est une véritable pile électrique il n’arrête jamais de jouer, de chasser et de courir partout. Ses sens sont constamment en éveil et il déborde d’énergie. Jusqu’ici rien d’anormal, mais le problème est qu’il s’est mis à attaquer ses propriétaires. Il saute dessus comme une petite bête sauvage. Sa famille humaine commence à avoir peur de lui, car au moindre mouvement elle se fait griffer et mordiller par le chaton. Vivre dans la même pièce que lui est devenu invivable.

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Pendant le rendez-vous, c’était très impressionnant de voir à quel point ce petit chat avait pris le dessus. Personne ne pouvait le stopper il pouvait bondir sur n’importe qui à n’importe quel moment (je faisais même attention à ne pas trop bouger le stylo quand j’écrivais).

La première chose à faire est de détourner son attention. Par exemple : Il ne supporte pas qu’on le regarde dans les yeux. Il faut alors tourner la tête et l’ignorer sinon il bondit. Lorsqu’on voit qu’il se met en position pour attaquer (il fixe du regard et tire la langue) à ce moment-là, il faut l’en dissuader avec un grand bruit sourd (frapper un grand coup sur la table, lancer un objet au loin) le son doit provenir de l’environnement autour de lui. C’est comme si l’environnement le punissait, il doit comprendre que chaque fois qu’il tente une attaque quelque chose de désagréable se produit. Il faut faire en sorte que l’animal ne sache pas d’où vient le bruit. On peut utiliser un son tout autre autre chose qui permet de punir l’intention. Car quand il a agi c’est déjà trop tard…

Comment en est-on arrivé là ?

Zuki vient d’une fratrie qui a grandi sans présence matkittens-1170324_960_720ernelle. Il est né dehors à la campagne et des chiens ont attaqué sa famille ce qui a fait fuir sa maman. Il a donc grandi avec ses frères et soeurs. Cette enfance ne lui a pas permis de développer les autocontrôles nécessaires à ses futures relations. C’est la mère qui transmet normalement ce savoir jusqu’à ses trois mois. Il n’est pas non plus habitué à la présence humaine. Ce qui signifie qu’il ne sera jamais très tactile puisqu’il n’a pas été beaucoup manipulé par la main de l’homme lorsqu’il était petit.

Quelles solutions ?

Malheureusement, l’environnement que cette nouvelle famille lui propose ne semble pas adapté pour lui. C’est un chat qui sera beaucoup plus heureux avec un accès à l’extérieur. Il semble programmé pour vivre dehors. L’idéal serait la présence d’un chat adulte qui lui fixe des limites.

cat-1136361_960_720Nous faisons un test avec la comportementaliste pour vérifier ses autocontrôles. Pour décrypter son comportement quand il s’approche de l’humain, il faut commencer par lui tendre doucement le dos de la main. S’il réagit et vient se frotter, on peut envisager de le caresser. Mais s’il se détourne un tout petit peu et qu’on le caresse quand même. Il se sent tout de suite contraint et finit par mordre et griffer. On s’est volontairement laissé griffer et mordre pour voir à quel point il contrôlait ou non ce qu’il faisait.

La bonne nouvelle est qu’il semble bien contrôler la machoire, il ne mord pas pour de vrai. Par contre, les griffades sont encore très maladroites et font mal.

Ce qu’il ne faut pas faire

Lorsqu’on est confronté à un chaton comme celui-ci.

  • Il ne faut pas le punir en l’attrapant par la peau du cou. On pense que c’est une bonne idée, car c’est qu’aurait fait sa mère, mais ce n’est pas le cas. Sa mère à l’âge de 3 mois n’agit plus comme cela avec lui. Si vous le faites, le chat va se sentir comme une proie et cela peut avoir comme conséquence d’augmenter son agressivité et rompre le contrat de confiance entre lui et vous.
  • Il ne faut pas jouer à cache-cache avec lui. Si votre chat présente les mêmes symptômes que Zuki, il est déconseillé de jouer de cette manière. Le chat qui n’a pas eu l’habitude de grandir parmi les humains aura tendance à les assimiler à des proies dans les premiers temps. Le fait de jouer à cache-cache peut augmenter cette croyance, c’est comme jouer au chat et à la souris. Cette pratique augmentera son agressivité.
  • Il ne faut pas jouer avec les mains et les pieds. Cette habitude renforcera également le côté prédateur du chaton et il assimilera toujours vos pieds et mains à des proies. Lorsqu’il attaque ces parties du corps, le meilleur moyen est de ne plus les bouger du tout comme si elles étaient mortes pour se libérer et qu’il n’y fasse plus attention.

Les bons gestes à entreprendre.

Il existe toutefois des solutions à envisager qui avec le temps permettront à la situation de s’améliorer.

  • Faire preuve d’imagination en renouvelant souvent ce qui se trouve autour de lui. C’est un chaton qui s’ennuie très vite et qui est en constante recherche de stimulations. Il faut donc trouver des moyens de le contenter avec des objets et jouets nouveaux. Il ne faut pas forcément déplacer les meubles tous les jours. Mais plutôt essayer de ramener de nouveaux cartons tous les 2 ou 3 jours. Penser à de nouveaux jouets.
  • Lui présenter le dos de la main avant toute interaction avec lui. Ce geste le rassurera et permettra à son propriétaire de connaitre dans quel état d’esprit il se trouve.
  • Privilégier les interactions avec lui au sol. Il faut l’appeler et lui lancer des croquettes par terre pour qu’il comprenne que lorsque l’humain l’appelle c’est pour une bonne chose. Concentrer ainsi son attention vers le sol diminuera ses tentatives d’agression au visage.
  • Détourner le visage et l’ignorer chaque fois qu’il regarde dans les yeux et veut attaquer.
  • Lui offrir un grand arbre à chat positionné à côté d’une fenêtre pour qu’il puisse s’éclater et regarder dehors en même temps !
  • Prévoir des croquettes ou de la nourriture en libre service. Les chats ont besoin de faire 15 à 18 petits repas en 24 heures. Une panne de nourriture peut augmenter le stress et donc l’agressivité.

Conclusion

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Ce rendez-vous était fort en émotion, car les propriétaires semblaient surpassés. Zuki n’est pas un mauvais chat et comprend très vite ; il est très malin ! Il semble juste frustré par sa nouvelle vie en intérieur, il n’y est pas habitué. Il s’agit d’une erreur de casting : les propriétaires sont déçus par son attitude et le chaton ne peut pas se conformer à leur style de vie. C’est un peu triste parce que ce chaton est vraiment très mignon et ne demande qu’a apprendre. On espère qu’il trouvera une famille qui dispose d’un beau jardin pour qu’il puisse vivre la vie qu’il souhaite.

Si cet article vous a plu, voici le lien vers le résumé de mon premier rendez-vous avec la comportementaliste : https://chatseul.fr/2016/11/18/le-probleme-de-cohabitation-des-3-chats/


Comportementaliste : Sandrine Ostmane : http://www.chienchatmodedemploi.com/

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10 réflexions sur « Les éléments à prendre en compte pour accueillir au mieux un chaton à la maison. »

  1. Bonjour culture chat ; vraiment passionnant, on apprend beaucoup de choses avec vos articles un grand merci ; et justement, sur la radio que j’écoute, Radio ici et maintenant ; il y avait un vétérinaire qui passait chaque mercredi et qui a encore fait quelques émissions en 2016, qu’il a arrêtées depuis, car il est très âgé et encore très occupé ; il s’agit du Dr Klein vétérinaire, un spécialiste du comportement animal toutes espèces ; ainsi que celui des chats évidemment ; ses émissions étaient passionnantes quant aux comportements des chats en particulier.
    Bien à vous.

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      1. Chère culture chat ; je le pense vraiment, vous donnez beaucoup d’informations et ceci n’est pas pour faire plaisir ; mais tant mieux si cela vous fait plaisir.

        Cordialement.

        Aimé par 1 personne

      1. Tres intéressant comme article !
        Effectivement, quand les chatons ne sont pas correctement sevrés, les conséquences peuvent être compliquées en terme de comportement. Pour Zuki, c’est un chaton « sauvage », mais je rencontre encore bon nombre de propriétaires de chats ayant adopté leur chaton trop tôt chez un particuliers… et qui développe ensuite les mêmes comportements que Zuki 😦
        Bravo en tout cas pour cet article très complet et instructif !
        Adopter chez un particulier n’est pas forcément la meilleure idée, une petite explication ici : http://blog.take-me-home.org/chaton-a-donner-particulier/

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